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Ceci est un billet (d’humeur) pour vous faire partager un peu de chacune de nos escales dans le monde du ballon rond. Pour avoir l’intégralité de notre aventure terrain, il faudra attendre notre billet de retour en France ! Mais vous avez de la chance, notre série de documentaires est déjà en montage.

Rien ne sert de courir, il faut partir loin !

Et si le football n’était pas populaire finalement…

Une invitation de Barack Obama en personne à venir à la maison Blanche.
Plus d’un million de personnes dans les rues de New-York.
Le 6 juillet 2015, les Stars and Stripes ont mis l’Amérique sur le toit du football international en remportant la Coupe du Monde pour la troisième fois de leur histoire. Un souvenir marquant pour les Little Miss Soccer que nous sommes.

Nous avions commenté cette victoire sur Eurosport, forcées de reconnaître que les Etats-Unis étaient définitivement le pays du football conjugué au féminin. Enfin du soccer ! Pas touche au football, il est trop américain et réservé aux hommes, aux vrais, ceux allègrement habitués aux commotions cérébrales.

Aux US, le soccer s’impose progressivement comme la pratique du plus grand nombre.
A l’ouest comme à l’est. De Portland à New-York en passant par Chicago. 
Dans tous les parcs, tous les jours après l’école et durant tout le week-end. Tout juste sorties du berceau, les filles se distinguent avec un ballon rond dans les pieds, et un sens du but déjà intégré : straight on to the goal !
“Kick the ball” : chaque parent est entraîneur et détient la clé tactique, et l’entraîneur est toujours un parent bénévole (fan de baseball !).

Aussi, personne n’ignore les différents succès de la sélection nationale et sourit voire se moque de nous quand on ose leur demander s’ils connaissent Mia Hamm ou Alex Morgan.

Enfin, à la télévision, tous les matchs de soccer féminin universitaire sont retransmis. La National Women Soccer League, le championnat majeur, a désormais aussi son diffuseur.

Bref, au pays du basket-ball, du baseball, et du football américain, les joueuses de soccer ont une place de choix.
Leur visibilité est accrue à condition d’être connues et reconnues. Et il faut bien reconnaître que l’argent entre en jeu. Car le soccer est aussi le terrain d’un business florissant.
Du soccer, so cher, et à la carte : avec un billet de 200 dollars, tu peux t’offrir généreusement une heure de cours particulier : 60 minutes, avec un prof rien que pour toi, pour apprendre à faire une passe. Plat du pied, sécurité quoi !

Pour devenir une master-class, une condition : régler tes pieds en mettant la main à la poche. Les clubs avec des éducateurs réellement formés sont élitistes et réservés à une classe sociale aisée. Ces fabriques à championnes parlent en cash :  la licence à 80 dollars l’année avec un sac de sport, short, chaussettes et survêt inclus, oublie là !

A partir d’un certain âge, le football récréationnel accessible à toutes perd donc du terrain.
Reste les meilleures, celles qui ont pu se le payer. Le passage à l’université, dont la gratuité n’existe pas, sert de sas de supervision des futures grandes. Une vision du soccer au mérite qui questionne la ligne d’attaque d’une super puissance démocratique.

Et si, finalement, le football n’était pas populaire ?

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