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Ceci est un billet (d’humeur) pour vous faire partager un peu de chacune de nos escales dans le monde du ballon rond. Pour avoir l’intégralité de notre aventure terrain, il faudra attendre notre billet de retour en France ! Mais vous avez de la chance, notre série de documentaires est déjà en montage.

Rien ne sert de courir, il faut partir loin !

Et si le football n’était qu’un prétexte pour occuper le terrain finalement…

Canada 2015 : un théâtre sportif à l’intrigue complexe et attrayante.
Une tournée dans 6 villes hôtes.
Un casting de rêve : 24 nations engagées sur la scène du football mondial.
L’acte final voit le Japon et les Etats-Unis se donner la réplique dans une joute sans merci, devant plus de 53000 spectateurs.

La Coupe du Monde revient aux artistes américaines et notamment à sa meilleure actrice, Carli LLoyd, auteure d’un triplé et d’une passe décisive. Une performance remarquée : son sens du jeu, la précision de sa gestuelle, l’intensité de ses frappes et la conviction de ses improvisations lui valent de décrocher le ballon d’or. Cette véritable enfant de la balle met le BC Stadium de Vancouver en exaltation et l’Amérique à ses pieds.

Les critiques encensent le football féminin, et des voix, d’ordinaire véhémentes, s’élèvent pour dire que les femmes méritent leur place sous les feux de la rampe.
Inattendu, surprenant, épatant…tout simplement évident !

C’est ainsi que les footballeuses ont fini d’être des figurantes.

Une fois le rideau baissé, l’euphorie diluée, que reste t-il ? Le fameux héritage de la Coupe du Monde.

Les jeunes filles de Vancouver n’ont pas assisté à cette rencontre, n’ont pas vu Carli Lloyd faire le show le 5 juillet 2015 et, pour la plupart, ne connaissent même pas Christine Sinclair, pourtant tête d’affiche de la sélection nationale canadienne avec plus de 250 représentations à son actif.

Mais, elles jouent au football. Taper dans le ballon c’est ce qui leur plaît. Quand on leur offre la possibilité d’investir l’espace. Carrie Serwetnyk, ex-internationale des Canucks, a compris cela et grâce à son association “Equal Play”, elle leur offre cette opportunité.

À Vancouver, des Little Miss Soccer comme s’il en pleuvait !

La sonnerie retentit ! A l’heure du déjeuner, dans de nombreuses écoles élémentaires de la ville, les jeunes filles apparaissent toutes excitées.

Sous la pluie, le sandwich à la main, souvent mal chaussées et pas équipées pour jouer au football, elles courent dans tous les sens. Leur seul but : pouvoir mettre un grand coup de pied dans le ballon. Leur seule performance c’est d’être là et de se sentir légitime. Courir après le ballon pour se prouver qu’elles ont le droit d’aller à chaque coin de la cour de récréation y compris le terrain de jeu.

Enfin, elles existent, en toute confiance, dans un espace qui “naturellement” ne leur appartenait pas jusque là.

Canada 2017 : un théâtre sportif à l’intrigue simple et engageante.
Une tournée dans 20 écoles de Vancouver.
Une large distribution : près de 3000 jeunes filles investies.
Une grande parade de rires, sourires et courir.

Nous avons assisté à deux “soccer lunch time” dans deux écoles différentes, vu environ 80 jeunes filles entre 8 et 12 ans participer au programme « Equal Play ».
Il n’y avait aucun spectateur, excepté quelques garçons amusés.
Aucun but n’a été marqué malgré de bonnes intentions parfois, ou alors on les a ratés.
Aucune prestation individuelle ne sortait véritablement du lot.
Mais la scène leur était réservée.

Le plus amusant dans cette parodie sociétale, ce méli-mélo sans drame : c’est que ces jeunes filles ne respectaient même pas les délimitations du terrain.

Et si, finalement, le football n’était qu’un prétexte pour occuper le terrain ?

 

 

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