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Ceci est un billet (d’humeur) pour vous faire partager un peu de chacune de nos escales dans le monde du ballon rond. Pour avoir l’intégralité de notre aventure terrain, il faudra attendre notre billet de retour en France ! Mais vous avez de la chance, notre série de documentaires est déjà en montage. Rien ne sert de courir, il faut partir loin !

 

Et si le football se jouait dans le temps additionnel finalement…

“Il y a des fois que… Il y a des gens qui… Il y a des cas où…”

Vous me direz pourquoi citer ces paroles populaires du groupe phocéen “Massilia” pour évoquer Rio et son futebol !

Ce n’est pas une question d’accent mais de ph(r)ases en suspens.

Pour rencontrer des joueuses de foot dans la ville merveilleuse, pas besoin d’aller bien loin : il suffit d’enfiler ces Havaianas et filer sur la plage de Copacabana ou d’Ipanema. Elles sont nombreuses à jongler avec facilité avec le ballon, juste pour le plaisir, avec ou sans filet car le futvolei est devenu une pratique officielle ! 
Mais pour comprendre ce que représente le foot au Brésil, nous avons voulu prendre de la hauteur. Direction Vidigal, la favela de la zone sud qui offre une vue plongeante sur l’Atlantique mais peu de perspectives à l’horizon.

Selon la loi 7 du football, “une rencontre est composée de deux mi-temps de 45 minutes”.

A Vidigal, la réalité est toute autre. La loi devient un besoin et on parle alors d’un match dont les arrêts de jeu durent une vie.

Évidemment que les footballeuses cariocas veulent jouer les prolongations dans un futur où elles s’imaginent jonglant avec l’anglais et les voyages, le passeport plein d’encre, glissant sur une pelouse fraîchement arrosée, les crampons colorés aux pieds.

Évidemment qu’elles gardent l’espoir d’une existence meilleure où le ballon serait une friandise à croquer à pleines dents plutôt qu’un chien errant à dompter pour éviter qu’il ne morde.

Évidemment que l’optimisme assourdissant de leur quotidien se négocie dans le sens du terrain pendant qu’une fatalité aveuglante s’empare de la croisée de leurs destins.

Evidemment que devant tant d’évidences, certaines s’activent, luttent, donnent des coups, comme si de rien n’était, les yeux rieurs et attendris tel un trait de lumière snobant les nuages, esquivant l’adversité.

Evidemment que cette rencontre avec Tamires, responsable de l’association “PlayLife World”, qui offre aux jeunes filles la possibilité de pratiquer le sport roi, restera dans nos mémoires longtemps.

“Il ya des fois que… Il ya des gens qui… Il y a des cas où… Des événements dont on se souviendra toujours…”

De Massilia à Rio, l’amour du football offre une compréhension sans fard de l’importance du combat même s’il n’y a peu d’issue.

Et si, finalement, le football se jouait dans le temps additionnel ?

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